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17% des voix. Scrutin historique pour le FIT

En Argentine, le trotskisme arrive en deuxième position aux élections municipales de Mendoza

Comité de Rédaction Le cartel électoral trotskyste argentin, le Frente de Izquierda y de los Trabajadores (FIT, Front de Gauche et des Travailleurs) présentait Nicolás del Caño (PTS) aux élections municipales de ce dimanche à Mendoza, quatrième ville du pays. C’est le candidat de l’opposition, membre de l’Union Civique Radicale (UCR), qui a remporté le scrutin avec près de 60% des voix. Del Caño, l’un des trois députés nationaux du FIT qui siègent actuellement au Parlement, est cependant arrivé en deuxième position, avec 17% des voix, devant le Front Pour la Victoire (FPV) de la présidente Christina Kirchner qui n’a récolté que 14,6%. Pour la troisième fois consécutive depuis le début de l’année, le FIT réalise un excellente score à des élections à un poste exécutif où, traditionnellement, l’extrême gauche est en retrait. Cette fois, del Caño a augmenté son nombre de voix par rapport aux « primaires obligatoires » de février, quand il avait obtenu 14% des voix. Télécharger l'article en PDF :

Rien n’était gagné d’avance, cependant, car la dynamique de « fin de cycle » du kirchnérisme, au pouvoir depuis douze ans, s’exprime également à travers la montée en force de plusieurs personnalités et partis plus à droite face auxquels les candidats soutenus par le gouvernement apparaissent, pour toute une frange des classes populaires, comme un « moindre mal ». Par ailleurs, ces élections ne donnaient droit à quasiment aucun espace télévisé ou radio gratuit. Tous ces éléments pouvaient faire craindre un net recul des scores du FIT.

Dans ce cadre, on peut affirmer qu’il s’agit d’une élection historique pour le trotskysme en Argentine. Avec près de 17%, il s’agit-là du meilleur résultat de l’extrême-gauche pour un poste exécutif depuis la chute de la dictature en 1983 et ce résultat conforte la pré-candidature de del Caño pour les élections présidentielles d’octobre prochain.

Avec ce pourcentage, le FIT s’affirme comme l’une des trois forces politiques les plus importantes de Mendoza et se renforce au niveau national comme une alternative après avoir remporté, la semaine dernière, deux sièges au parlement provincial de Neuquén, dans le Sud du pays. Le FIT a aussi obtenu un bon score à Buenos Aires. A Santa Fe, le FIT a réussi à dépasser le seuil de proscription et à déjouer la tentative de fraude. On estime que pour les prochaines élections au poste de gouverneur de la province de Mendoza qui devraient se tenir le 21 juin prochain, Noelia Barbeito pourrait dépasser les 7% obtenus par le FIT il y a quinze jours lors des « primaires obligatoires ».

Depuis le QG du FIT del Caño a souligné combien « nous nous sommes battus contre le bipartisme qui gouverne la province depuis trente-deux ans et contre les grands groupes capitalistes. Avec ce résultat, c’est une alternative politique pour les travailleurs, les femmes et la jeunesse qui se renforce ». « Des milliers de travailleurs ont tourné le dos aux candidats de l’austérité, a-t-il rajouté. (…) Dans des quartiers populaires comme ceux de l’Ouest d la ville et dans le quatrième arrondissement électoral, le FIT dépasse 22% des voix. Nous sommes très satisfaits parce que ce soutien de la part des classes populaires de Mendoza est une reconnaissance pour le travail du FIT en termes de défense des droits des salariés, des femmes et des jeunes ».

Des six postes au conseil municipal qui étaient en jeu, le FIT en remporte un qui sera occupé par Andrés Elías, du PO, qui accompagnera Macarena Escudera, du PTS, déjà élue conseillère municipale en avril 2014. Del Caño a également souligné que « les conseillers du FIT défendront au conseil municipal un agenda de revendications ouvrières et s’opposeront aux politiques de répression et d’austérité que le maire Suarez essayera de mettre en place ».

04/05/15




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