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Publications / Situation Internationale / Chine

mardi 13 décembre 2011

Chine

La crise mondiale provoque une seconde vague de grèves ouvrières


Yann Le Bras

En 2010 le nouveau prolétariat chinois avait mené une première vague de grèves dures. Celles-ci avaient débouché sur des augmentations de salaires, notamment dans les usines japonaises du secteur automobile et chez Foxconn, le premier groupe manufacturier d’origine taïwanaise, après une série de suicides de travailleurs. Fin 2011 nous assistons à une deuxième vague de grèves qui a pour épicentre la province de Guangdong que beaucoup considèrent comme « le plus grand atelier du monde ».




une ouvrière chinoise faisant face à la police "populaire" au cours des dernières grèves

A la différence de la vague de luttes de 2010 le cycle actuel de bagarres ouvrières est directement aiguillonné par la détérioration de la situation économique au niveau mondial et les perspectives d’un ralentissement économique pour 2012. Cette situation touche fortement l’économie chinoise, notamment les entreprises tournées vers l’exportation, ce qui inquiète les autorités de Pékin qui se demandent comment gérer le mécontentement ouvrier de plus en plus important.

En effet, le modèle de croissance chinois, fondé sur l’exportation, est en train de faire face à des limites incontournables. L’approfondissement de la crise de surproduction mondiale, le rétrécissement de la demande dans le contexte de crise aiguë de la zone euro ainsi que la fin du modèle nord-américain, basé sur la consommation et l’endettement, lui portent un coup d’arrêt important.

Une dégradation de la situation économique intérieure

Éclipsée par les évènements dramatiques que l’on vit en Europe et par l’annonce des banques centrales des principaux pays impérialistes promettant d’injecter une quantité illimitée de fonds afin de faire face au manque de liquidités au niveau mondial notamment en dollars pour éviter dans l’immédiat un « Lehman plus » en Europe, une décision importante du géant asiatique est passée inaperçue. Le 30 novembre, la Banque Centrale Chinoise a abaissé les conditions de réserve de 50 points de base, les établissant à 21% pour les grands établissements, dans la continuité d’une décision de la semaine précédente qui avait fait de même pour certains établissements bancaires locaux.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que les autorités ont laissé de côté le contrôle de l’inflation pour s’occuper de la croissance. En effet, les chiffres du dernier trimestre laissent prévoir une croissance annuelle inférieure à la « barrière psychologique » des 9%. Pire encore, des établissements comme l’UBS prédisent une chute à 8,5%... et à 7,7% pour les deux premiers trimestres 2012 ! Si cette chute entre chaque trimestre se confirme, la croissance en 2012 pourrait se situer en dessous de 7%, ce qui pour beaucoup est un signal d’alarme.

China manufacturing PIB

China manufacturing PIB

Preuve qu’il ne s’agit pas d’une hypothèse complètement absurde, l’indicateur officiel chinois, Federation of Logistics and Purchasing (FLP), évoque une contraction du secteur manufacturier. La FLP avance des prévisions en recul concernant les exportations et les commandes. Bien que purement prévisionnels, ces indicateurs montrent que le grand ralentissement de l’économie mondial est en train de se répercuter actuellement en Chine.

Chinese PMI components

Chinese PMI components

Lors du premier grand pic de la crise internationale en 2009 les autorités chinoises avaient lancé un grand plan de stimulation de l’économie à travers des investissements en infrastructures et dans la construction. Ce qui est nouveau aujourd’hui c’est que cette recette est fortement remise en question. Elle est d’ailleurs jugée comme assez peu efficace. En premier lieu, dans le cadre d’une consommation interne ridiculement faible (35% du PIB), cette politique a aggravé le surinvestissement qui a atteint presque 50% du PIB, un chiffre inouï pour un pays de cette taille. Ce décalage entre consommation et investissement provoque en effet un manque structurel de débouchés sur le marché intérieur chinois pour la production. Deuxièmement, l’expansion facile du crédit a donné à une sorte de véritable bulle spéculative au niveau du BTP et de la construction de logements exerçant une de pression à la baisse sur les prix de l’immobilier. Les autorités aujourd’hui, quoique très attentive aux effets de la bulle immobilière, sont incapables d’inverser cette tendance. Enfin, l’apparition de problèmes de dette en Chine est une réalité. Si l’on additionne les dettes du gouvernement central et locaux et de certaines institutions comme le Ministère des Chemins de Fer, les chiffres indiquent un taux proche de 70% du PIB. En outre, bien que les foyers possèdent une grande capacité d’épargne, on estime la dette des entreprises avoisine 100% du PIB. Dans ce cadre il est pour le moins risqué de poursuivre le cycle d’endettement entamé au début de la crise si l’on tient compte d’un panorama économique qui s’assombrit. Par exemple, il semblerait que les gouvernements locaux, responsables dans une large mesure des plans de relance appliqués et qui représentent un niveau de dépenses publiques quatre fois supérieur à celui du gouvernement central, ne bénéficient pas des flux d’argent suffisants pour faire face aux traites d’entre ¼ et 1/3 des instruments financiers créés pour réaliser leurs projets. C’est que 40% de cette dette arrive à échéance entre 2011 et 2012 et que les revenus de ces entités locales sont profondément menacés par l’inflexion du marché immobilier.

La part la plus importante de ces revenus provient en effet de l’achat/vente de terrains. Dans ce contexte, la situation de la dette chinoise pourrait très vite s’aggraver. La situation est tout aussi compliquée en ce qui concerne l’endettement privé, notamment dans le secteur des PME. Dans l’ensemble, certains chiffres situent le niveau des impayés dans ce secteur à 12%, soit plus de six mille milliards de yuans.

Résistance ouvrière face aux pressions du patronat sur les salaires, les conditions de travail ou les licenciements

Beaucoup de travailleurs dans le Sud de la Chine font face à des réductions de salaires et des conditions de travail de plus en plus dures dans la mesure où les entreprises fo,t tout pour essayer de garder la tête hors de l’eau face à une crise économique internationale de plus en plus profonde. On assiste également à une multiplication des conflits pour cause de licenciements dans certaines entreprises qui ont commencé à ajuster leurs coûts.

Des émeutes, comme ici dans la province de Guizhou, en juin dernier, sont de plus en plus fréquentes en Chine

Revenons rapidement sur une information disponible en ce moment dans la presse occidentale : « A Shenzhen, 1000 ouvriers d’une usine d’électronique ont débrayé le 23 novembre pour protester contre la décision des dirigeants de l’usine d’obliger les travailleurs à faire des heures supplémentaires de nuit. Selon le China Labor Watch, les ouvriers dénonçaient également une hausse importante des accidents de travail et les licenciements massifs des travailleurs les plus âgés » [1] ». L’usine en question est Jingmo Electronics Corporation, une usine de Shenzhen, l’énorme zone industrielle et manufacturière à proximité de Hong-Kong, qui emploie 3000 travailleurs. Cette entreprise à capitaux taïwanais produit des claviers et d’autres composantes informatiques pour des multinationales comme Apple, IBM, LG, Tulip, Legend et Fouder Great Wall. Le jour suivant, ce sont 400 ouvriers de l’usine de sous-vêtements Shenzhen Top For Underwear qui se sont mis en grève. « Fin octobre, ils étaient 1178 chez le fabricant japonais de montres Citizen à tenir tête à leur patron pour obtenir la rémunération de 40 minutes de présence quotidienne supplémentaire imposée mais non payée depuis plusieurs années. La manifestation la plus importante a eu lieu à Dongguan, important centre industriel du sud de la Chine : 7000 employés de l’usine de chaussures Yucheng Footwear Factory, un sous-traitant de Nike et d’Adidas, sont descendus dans la rue pour protester contre l’annonce de licenciements, une baisse de leurs salaires, ainsi que la suppression des heures supplémentaires, laissant aux employés un maigre salaire de base. Une douzaine de travailleurs ont été blessés par la police » [2].

Un autre article revient sur cet épisode : « La grève de ces salariés faisait suite au licenciement le mois dernier de dix-huit de leurs cadres, interprété par les ouvriers comme un signe de prochaine délocalisation, a ajouté CNW. L’un des cadres licenciés a déclaré au journal China Business News que son départ faisait partie d’un projet de déménagement de la production dans la province de Jiangxi afin de réduire les coûts qui sont plus élevés dans le vaste pôle manufacturier de Dongguan. A l’origine également de la contestation : la rémunération des salariés déjà faible qui risque encore d’être réduite. La suppression de primes de rendement et des heures supplémentaires sont aussi à l’origine de la colère des ouvriers de l’usine de Yucheng. ‘Notre salaire de base mensuel n’est que de 1.100 yuans (130 euros)’ et ‘nous avons vraiment besoin de faire des heures supplémentaires’, a déclaré une ouvrière au Yangcheng Evening. Les interventions des autorités locales pour un maintien des heures supplémentaires sont restées sans réponse de la part de la direction de l’usine qui est la propriété d’un groupe d’investissement de Taïwan, selon la presse chinoise » [3].

Mais le mouvement ne semble pas se circonscrire à Shen Zen et s’étend à Shanghai. « La vague de grèves continue en Chine. Selon l’organisation China Labor Watch , basée aux Etats-Unis, plus de mille ouvriers d’une usine de Shanghai ont cessé le travail depuis deux jours pour protester contre des licenciements. L’ONG signale aussi que des affrontements avec la police ont fait plusieurs blessés et que des grévistes ont été arrêtés. Entamé le 30 novembre après l’annonce du licenciement de quelque mille ouvriers, le mouvement se poursuit vendredi 2 décembre. Le site est un sous-traitant d’Apple et de Hewlett-Packard. Cette usine implantée dans la grande métropole de l’Est de la Chine appartient à la compagnie électronique singapourienne Hi-P International. Elle prévoit de transférer la production dans une autre ville, Suzhou, à une centaine de kilomètres de Shanghai » [4].

Parallèlement la vague de manifestations et de grèves touche aussi les filières de la chaîne de supermarchés anglaise Tesco. A Junhua, province orientale de Zhejiang, des centaines d’employés sont descendus dans la rue pour protester contre les licenciements décidés par la direction de l’entreprise. Les employés ont bloqué les entrées des centres commerciaux, scandant des slogans contre l’entreprise et en exhibant des pancartes où ils exigeaient le respect de leurs droits. Des conflits comme ceux-ci vont se multiplier face à la situation de beaucoup d’entreprises manufacturières. Par exemple, celles d’usines de chaussures soumises à une augmentation des coûts, au manque de main d’œuvre, à la chute des marges de profit, aggravée maintenant par la chute des ventes à l’étranger.

Beaucoup d’entreprises cherchent à se réorienter vers le marché intérieur face à la chute brutale de la demande globale. Mais la « transformation » n’est pas aussi simple, comme le démontre le cas suivant : « David Liu, président de Luca Angelo Leather Product dans la ville industrielle de Dongguan dans le Sud de la Chine, affirme que les exportations de son entreprise ont chuté de 40% ces deux derniers mois et, bien que la demande du marché intérieur ait augmenté, ses coûts ont rapidement progressé. ‘Les fournisseurs demandent des payements sans délai, ce qui s’ajoute à nos coûts’, déclare M. Liu. ‘Les banques contrôlent strictement les prêts [pour les petites et moyennes entreprises] et beaucoup de mes amis sont en train d’envisager des coupes dans la production » [5]. Cet exemple montre clairement le grand défi à long terme auquel font face des milliers d’entreprises fabriquant des produits de basse technologie, concentrée notamment, mais pas uniquement, sur le littoral manufacturier du Sud de la Chine. La chute des ventes est accompagnée d’une augmentation des prix des matières premières et d’un accès restreint au crédit ce qui peut conduire beaucoup d’entreprises, comme dans le secteur textile par exemple, à la faillite. Ainsi « les statistiques de la fédération des industries de Hongkong prévoient qu’un tiers des 50 000 usines chinoises appartenant à des industriels de l’ancienne colonie britannique pourrait fermer et licencier en masse d’ici janvier » [6] ».

C’est cette situation qui produit la colère de plus en plus grande des travailleurs. « ‘L’économie chute et ce sont les travailleurs qui font les frais de ces pertes’ s’insurge Geoffrey Crothall [porte parole de l’ONG China Labour bulletin]. ‘Ils ne peuvent pas le supporter !’. ‘De très nombreuses entreprises veulent en conséquence délocaliser vers l’intérieur du pays où la main d’œuvre coûte beaucoup moins chère’, analyse Li Qiang, le fondateur de l’ONG China Labor Watch, basée aux Etats-Unis. ‘Il y a beaucoup d’anxiété parmi les travailleurs : ils ont peur que leurs usines ferment et qu’ils soient virés sans compensation. Ils sont anxieux de savoir où leurs usines vont être relocalisées. Tout ça ajoute au sentiment de malaise’, renchérit Geoffrey Chrothall’ » [7].

Les difficultés des autorités face au soulèvement social

A la différence de 2010, il est peu probable que le gouvernement et les patrons cèdent facilement aux revendications sur les salaires si l’on tient compte des perspectives assez sombres qui pèsent sur les marchés internationaux. Comme le dit Geoffrey Crothall, « une différence entre les grèves récentes et celles de l’été dernier c’est qu’en ce moment les travailleurs ne sont pas en train d’obtenir de grandes victoire » [8], à l’image de l’augmentation des salaires de 50% obtenue à l’époque dans certaines entreprises. Cela peut empêcher un effet de contagion comme lors de la première vague de grèves, mais en même temps durcir les luttes et leurs méthodes. C’est précisément ce que semblent craindre les autorités : « Un haut responsable communiste chinois a appelé les provinces du pays à être mieux préparées à ‘l’impact négatif’ du ralentissement de la croissance économique, laissant transparaître l’inquiétude du gouvernement face à la montée des conflits sociaux … Zhou Yongkang, membre du comité permanent du bureau politique qui réunit les neuf plus puissants dirigeants chinois, a expliqué, vendredi dernier, lors d’un discours devant des responsables de provinces du nord de la Chine que les autorités devaient améliorer leur ‘gestion sociale’. ‘Face à l’impact négatif de l’économie de marché, nous n’avons pas mis sur pied un système complet de gestion sociale’, a commenté M. Zhou, dont les propos ont été rapportés au cours du week-end par l’agence officielle Chine nouvelle. ‘Il est urgent que nous bâtissions un système de gestion sociale aux caractéristiques chinoises qui soit adapté à notre économie socialiste de marché’, a déclaré le haut responsable, sans fournir de précisions, à l’heure où les salariés défendent de plus en plus leurs droits » [9]. Parallèlement, il a exigé aux hauts fonctionnaires de limiter toutes les dépenses superflues et inutiles qui pourraient provoquer la colère de la population.

L’inquiétude des autorités chinoises est évidente. En effet, pour la première fois, elles se trouvent face à une situation économique qui peut empirer et à un renforcement progressif mais continu du nouveau mouvement ouvrier chinois. A cela il faut rajouter, au niveau géopolitique et militaire, une série de mouvements des Etats-Unis visant à renforcer leur présence dans la région Asie-Pacifique. C’est ce dont témoigne l’augmentation de leur présence militaire en Australie en y envoyant d’ici 2016 2500 marines ; ou encore la récente ouverture diplomatique envers la Birmanie où Hillary Clinton a fait le déplacement. Ces mouvements sont vus par les experts de Pékin comme une politique de « containment » [contention] ou « d’encerclement » pur et simple de la Chine.

Ce renforcement du mouvement ouvrier est souligné par nombre d’observateurs. Dans un rapport publié en novembre, le China Labour Bulletin constate que le mouvement ouvrier s’est développé rapidement « par un sentiment croissant que les travailleurs étaient exclus du partage des bénéfices que faisaient leurs entreprises mais également du développement de la société toute entière. Une nouvelle génération de travailleurs migrants a émergé comme l’une des principales forces dans le mouvement ouvrier en Chine. Ceux qui sont nés dans les années 1980 et 90 sont généralement mieux éduqués et plus « armés » que leurs parents pour revendiquer leurs ambitions. Ils ressentent également plus de pression et l’intense frustration d’essayer de s’établir en ville tout en étant catégorisés et méprisés car issus du milieu rural. Employés principalement dans les entreprises modernes, ils constituent aujourd’hui le cœur de la nouvelle classe ouvrière chinoise » [10].

L’accumulation rapide d’expérience par le mouvement ouvrier est également une très bonne nouvelle. En effet, « alors que la conjoncture amène les patrons à faire des économies sur le dos du personnel, les ouvriers se tournent vers des organisations comme Petit oiseau, fondée en 1999 à Pékin pour venir en aide aux travailleurs migrants, voire même vers des agences liées au gouvernement, pour des conseils juridiques. ‘De plus en plus d’ouvriers reconnaissent l’importance de défendre leurs droits. Ils ont appris à s’unir’, explique Wei Wei, le fondateur de Petit oiseau. La concentration des usines dans la province méridionale du Guangdong a facilité la diffusion de l’information sur les grèves, d’après lui. Les ouvriers ont de leur côté atteint un niveau d’organisation sans précédent en Chine, souligne Geoffrey Crothall, porte-parole du China Labour Bulletin, basé à Hong Kong. Des salariés de cinq usines de mise en bouteille de Pepsi réparties dans différentes régions se sont ainsi mobilisés le même jour pour protester contre la vente des usines chinoises de la multinationale américaine. Et lors de grèves l’an dernier dans des sociétés japonaises, les ouvriers ont su utiliser le ressentiment antinippon en Chine pour rendre leur mouvement plus acceptable par les autorités. ‘ Ils savent que c’est l’outil pour mettre les gens de leur côté. Les ouvriers chinois ont un sens politique aiguisé’, selon M. Crothall » [11].

En définitive, la crise historique du capitalisme et ses différentes étapes sont en train de réveiller un géant endormi : le prolétariat chinois ! Avec les processus révolutionnaires en Égypte et en Tunisie, la résistance des travailleurs de Grèce comme avant-garde de la lutte contre les plans d’austérité en Europe, le prolétariat chinois est en passe de devenir l’un des acteurs destinés à jouer un rôle fondamental dans les combats de classe que continuera à engendrer le développement de la crise économique mondiale.

05/12/11

[1] R. Soubrouillard, « Chine : le début d’une explosion sociale ? », Marianne, 30/11/11. « Selon ce que les salariés ont déclaré à China Labor Watch, la grève était une réponse à la décision des dirigeants de l’usine de les faire travailler de nuit en heures supplémentaires. Il aurait fallu travailler de 18 heures à minuit, voire 2 heures du matin, en plus des heures de travail normal (7h-11h et 13h-17h). Les travailleurs effectuent dès à présent communément cent à cent vingt heures supplémentaire par mois. De plus, les patrons refusaient de laisser les salariés réaliser cette tranche supplémentaire le samedi soir, ce qui leur aurait permis de bénéficier du doublement de leur salaire horaire selon le droit du travail chinois. Mis à part cette question des heures supplémentaires, les travailleurs ont exprimé d’autres revendications au sujet de l’usine, notamment le grand nombre des accidents de travail (près de 20 en peu de temps), les licenciements massifs qui ont touché les salariés les plus âgés, et la faiblesse des salaires. Cela alors que les managers intimident et agressent verbalement les travailleurs, leur causant une souffrance psychologique importante » (China Labor Watch, 23/11/11).

[2] J. Perray, « Vague de grèves dans le sud de la Chine, en écho à la crise européenne », Rue 89, 29/11/11.

[3] « Des milliers d’ouvriers chinois en grève... contre les délocalisations », La Tribune, 21/11/11.

[4] « Une grève dégénère en affrontements à Shanghai », Francetv, 02/12/11.

[5] J. Anderlini et R. Jacob, « Global decline drags down Chinese factories », Financial Times 01/12/11

[6] J. Perray, « L’atelier du monde au bord de l’implosion », Aujourd’hui la Chine, 29/11/11.

[7] Idem

[8] « Chinese factories hit by strikes amid manufacturing slowdown », Los Angeles Times, 28/11/11.

[9] « La Chine s’inquiète des conflits sociaux », Le Point, 05/12/11.

[10] R. Soubrouillard, art. cit.

[11] « Ils ont appris à s’unir », Le Bien Public, 05/12/11.



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